Parti QuébécoisGilles Robert, Prévost
Porte-parole de l'opposition officielle en matière formation professionnelle et d'éducation des adultes

Les femmes et la démocratie

L’histoire est jalonnée de faits marquants, d’anniversaires qu’il faut souligner et mettre en lumière afin de faire des liens pertinents entre le passé et le présent. Un de ces moments forts de notre histoire politique concerne l’obtention du droit de vote et d’éligibilité aux Québécoises au printemps 1940, un événement qui permettait somme toute de mettre fin à des années sombres durant lesquelles les femmes étaient considérées comme inférieures aux hommes.
 
Soixante-dix ans plus tard, l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être considérée comme une chose acquise totalement dans notre quotidien. L’équité salariale n’a pas tout réglé et il existe encore des injustices au niveau des conditions de travail dans certains milieux sans oublier les postes de direction où les femmes traînent encore de la patte en terme de représentativité.
 
C’est le cas en politique où les hommes continuent à dominer en nombre de députés autant à l’Assemblée nationale à Québec qu’à la Chambre des Communes à Ottawa. Je dois toutefois souligner l’effort du gouvernement actuel à Québec dont la composition du Conseil des ministres compte autant de femmes que d’hommes.
 
Les femmes ont donc encore du chemin à parcourir afin d’occuper encore plus de place dans notre vie démocratique. On est toutefois loin de cette pensée rétrograde personnifiée par le premier ministre Maurice Duplessis qui affirmait en 1940 que « dans la province de Québec, l’on n’a rien à gagner en accordant le droit de suffrage aux femmes. On ne devrait pas enlever les femmes de leur foyer ».
 
Les Québécoises ont vécu longtemps dans un univers de préjugés et on les a souvent invitées à retourner à leurs fourneaux en leur disant « Sois belle et tais-toi »… Il y en a eu des discussions sur les perrons des églises avant que les mentalités changent. Mais, le 11 avril 1940, le premier ministre Adélard Godbout a fait preuve de lucidité et de courage en déclarant en Chambre que « les conditions dans lesquelles nous vivons font de la femme l’égale de l’homme. Elle a souvent les mêmes devoirs et les mêmes obligations. Pourquoi lui refuser les mêmes droits surtout quand bien des questions dont nous avons à décider relèvent plus de sa compétence que de la nôtre? »
 
De Marie-Claire Kirkland, première femme élue au Québec en 1961, jusqu’à aujourd’hui, plus d’une centaine de femmes ont été élues à une fonction de députée. J’aimerais aujourd’hui souligner leur détermination tout en exprimant le souhait que la place des femmes à l’Assemblée nationale corresponde vraiment à leur importance réelle au sein de la société québécoise.
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