Une expérience qui a changé ma vie...
Je laisse la parole aujourd'hui à une jeune résidente de ma circonscription, Orfée Desbiens, qui a fait récemment un voyage à caractère humanitaire au Mexique. Voici donc le résumé de son périple accompagné de quelques photos...
Une expérience qui a changé ma vie
Orfée Desbiens
Le 13 janvier 2010
Au même moment, de l’année dernière, j’envoyais ma candidature pour un projet de volontariat à l’organisme québécois Chantier Jeunesse. Un mois plus tard, on m’acceptait pour un projet dans le pays de mon choix : le Mexique. Peu après, j’achetais un billet d’avion pour un montant raisonnable ainsi qu’une assurance-voyage. Un point de non-retour. Pour réussir ce rêve qui nécessite des ressources financières bien sûr, j’ai dû travailler dur et organiser des campagnes de financement, car, seule, je n’y serais pas parvenue. Monsieur Robert a été une des personnes des plus généreuses, intéressées et concernées par l’avenir de la jeunesse ainsi que par la transmission de la culture québécoise. Certes, vous avez bien compris, l’aide que j’ai reçue de la part du député du Parti Québécois de la circonscription de Prévost m’a grandement encouragée. Dans ce bref article, je mettrai en relief l’impact que ce projet de volontariat a eu sur mes passions et sur la formation de ma culture.
Tout d’abord, ce voyage a changé ma vie. Par l’expérience du voyage, j’ai développé et goûté plus intensément les passions qui m’habitent : l’enseignement, l’environnement et la connaissance. En effet, mon projet de volontariat consistait à diriger des ateliers d’anglais dans une école de la ville portuaire de Lazaro Cardenas de l’État du Michoacan. Les jeunes de mon âge au Mexique ne connaissent pas tous la langue anglaise comme nous au Québec. En général, ils sont timides et n’éprouvent pas le besoin de la maîtriser. Donc, j’ai participé à des activités comme : la création d’une publicité, la conception de tortue en bricolage, le partage de recettes traditionnelles mexicaines et québécoises, des rallyes et du karaoké dans une école. Le taux de participation des jeunes mexicains demeurait surprenant et les échanges informels que nous entretenions augmentaient sans cesse l’intérêt porté à l’autre culture ainsi que nos connaissances sur cette dernière.
Ensuite, avec un groupe de Mexicains, j’ai vécu dans un camp de protection des tortues marines en travaillant pour leur sauvegarde. Les responsables des camps de tortues sont bénévoles et ont reçu notre aide tant appréciée. Nous avons nettoyé le camp, restauré leur « maison » et participé à la collecte des œufs de tortues durant la nuit. Cet aspect de mon voyage m’a permis d’en apprendre davantage sur ce reptile et sur le travail en coopération. Il est important de savoir que le plus grand prédateur de ce plus vieil animal est l’Homme (braconnage et pollution). À l’inverse du mode de vie plutôt individualiste que je vis au Québec, la vie en groupe a des avantages, car je travaillais dur tout en m’amusant. Puis, chaque jour de cette merveilleuse expérience a provoqué une expansion de mes connaissances linguistiques, culturelles et personnelles. Pour communiquer, j’utilisais le français, l’anglais et l’espagnol. Bien que mon rôle était d’enseigner l’anglais aux Mexicains, nous nous plaisions également à discuter ou à essayer d’échanger en espagnol. Étant donné que je désire être enseignante en français au secondaire, le fait d’apprendre une langue m’a permis de ressentir les concepts théoriques appris durant ma formation. Bref, il va sans dire que mon moment de vie au Mexique influence encore positivement ma personnalité et ma façon de voir la vie.
Deuxièmement, au cours de ce projet de volontariat, ma culture mondiale personnelle s’est manifestée. Nous parlons souvent de culture, cependant, il s’agit d’un concept un peu flou pour plusieurs personnes. Pour ma part, je crois qu’elle se manifeste à l’intérieur d’évènements où elle est sollicitée. Durant mon voyage, je tentais de dresser un portrait du Québec aux gens que je côtoyais. C’est en leur parlant de notre histoire et en montrant des photos que j’avais sélectionnées avec soin que j’ai réalisé que je connaissais bien ma culture québécoise. Avant cette expérience, je me sentais plus ou moins compétente dans la connaissance de mon pays. Toutefois, tranquillement, j’ai vécu nos différences et j’ai pu identifier ma culture ainsi que celle du Mexique. En un mot, c’est grâce à ce fabuleux périple que j’ai pris conscience de mon identité québécoise, que je l’ai mise à profit et que j’ai pu l’étendre à un niveau international. C’était très valorisant.
Pour conclure cet article, je tiens à vous encourager à faire des expériences interculturelles de la sorte. Il y en a plusieurs au Québec également, alors il n’est pas nécessaire de se déplacer pour vivre un échange culturel… Voici quelques photographies de ce projet formateur. Et, si vous voulez échanger avec moi à ce sujet, ce sera un plaisir (desbiens.orfee@courrier.uqam.ca).

Notre groupe de bénévoles composé de deux Françaises, un Allemand, un Américain, une Québécoise (moi) et d’une quinzaine de Mexicains de l’Institut Technologique de Lazaro Cardenas. Cette photo a été utilisée par le journal local dans un article expliquant notre projet.



Le site du camp de tortues. Nous nettoyons la plage devant La Batula, épave d’un bateau échoué il y a dix ans. Le manque d’argent empêche le gouvernement de la retirer de l’eau. Un beau spectacle. La partie protégée par la clôture construite par notre groupe sert de terrain pour la couvée des œufs de tortues.
Nous avons confectionné des affiches pour encourager la protection de l’environnement. La mienne disait : « Mère Nature nous a donné la diversité, protégeons-la. » en français, en anglais et en espagnol. Aujourd’hui, mon message est toujours planté fièrement sur une plage de la côte ouest du Mexique.
Je tiens à partager cette photo. Regardez mon visage. Après mon projet, j’ai visité des villages du Michoacan le cœur rempli d’amour et de joies grâce au projet de coopération qui a changé ma vie! L’entraide m’a fait vivre des moments inoubliables et des émotions tellement positives que je tiens à répéter l’expérience.


